Enoncé de l"exercice
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: Ajouté le 21/5/2008 à 09:34
urbanité,mobilité Le développement durable est unebelle idée pour la collectivité mais samise en oeuvre suppose que chacun, à sa manière, se sente concerné et apportesa contribution. En tant que concepteur del’espace urbain, l’architecte met en relation les formes urbaines et les modesde déplacement qui y sont associés. L’exercice qui est proposé a pourobjectif de formaliser une prise deposition sur les thématiques croiséesdes formes urbaines contemporaines et des moyens de transport qui lesdesservent. Il est demandé à chaque étudiantdu séminaire de produire sur un formatA4, un photo montage associant un paysage urbain ou une architecture urbaine caractéristiqued’une position contemporaine et un moyen de transport mécanique, individuel oucollectif, permettant de parcourir des distances importantes (plusieurs km) enzone de forte densité. Un deuxième A4 fera l’objet d’untexte explicatif ou complémentaire de la position critique exposée par l’image. Les thématiques à abordersont : - La mise en question du rapport densité urbaine,moyen de déplacement, - l’identification de la contemporanéité enarchitecture et dans les moyens de transport - L’identification des modes de pensée (individualisme, solidarité,militantisme, etc…) évoqués ou provoqués par l’association forme urbaine/moyensde transports, - la mise en question d’une étique de la consommation, - l’invention d’une esthétique de l’économie de moyen, - etc… L’exercice s’adosse à l’analysefaite en classe d’un encart publicitaire relevé dans les pages du Monde, comme particulièrement révélateurde nos paradoxes comportementaux enmatière de développement durable. Analyse de l’encart publicitaire Un véhicule tout terrain demarque Anglo saxonne, de couleur rouge roule sur une voie rapide le long desrails de sécurité. En arrière plan, dans une lumière que l’on devine matinale, les silhouettes encontre jour des grattes ciels d’un quartier d’affaire. En haut à droite, une jeune filles’élève dans une montgolfière réduite à sa plus simple expression puisquedépourvue de nacelle, l’occupante unique étant simplement accrochée au ballon,par un harnais…. Le véhicule tout terrain est misen scène en milieu urbain et non, comme sa particularité motrice le laissesupposer, en terrain naturel. La chose est désormais entendueet assumée : ce n’est pas parce que l’on est en ville que le 4X4 estillégitime. Au contraire, le skylineagressif de l’arrière plan qui symboliseles réussites financières sinon architecturales de notre époque sembleconstituer le nouvel environnement global, le seul vrai terrain de jeuquotidien à considérer. En effet si la villes et la nature n’existent pluscomme entités séparées mais comme un ensemble équilibré d’artefacts construitsou préservés, la jungle alors est partout, urbaine ou végétale, et le terrain par conséquent potentiellement peusûr justifie l’extension du concept « tout terrain » au milieuurbain. On remarque aussi que la voitureroule à gauche. L’appartenance culturelle à lalangue anglaise est discrètement revendiquée, bien que le texte de l’encartsoit rédigé en français. La culture anglo-saxonne évoque toujours en France cemélange caractéristique de pragmatisme et d’immoralité sans lequel nul nesaurait prétendre à l’indispensable réussite financière que prétend représenterle véhicule. La dissociation géographiqueentre univers urbains étrangers est une façon commode de légitimer notreschizophrénie environnementale latente: eux le font bien, pourquoi pas nous. Le rouge métallisé de lacarrosserie sur fond de grattes ciel de bureaux évoque à l’unisson, l’agressivité, laperformance, les rapports de force, de pouvoir et depuissance. La réciprocité des valeursévoquées est manifestement recherchée entre le véhicule et l’urbain, entre lepremier en le second plan. Notons maintenant que le véhiculede 5 places, à l’imposante carrosserie, est simplement occupé par le seulconducteur. S’il y a comparaison, voire assimilation de l’automobile à l’architecture qu’elle dessert, on laisse alors entendre que l’expressionspatiale de la force et du pouvoir a précédé cette automobiliste qui n’a pasà justifier de son « Eco-citoyenneté ». Le cadre urbain sert de caution au mode d’utilisation duvéhicule. Mais celui-ci étant déresponsabilisé sur le plan environnemental, leraisonnement induit que le modèlegratte-ciel est également à considérer comme peu vertueux. La publicité est iciprétexte à la prise à parti del’architecture par le moyen de déplacement qui la dessert. Pour finir, le véhicule est seulsur la route, photographié en plan moyen, isolé du flux probable de sessemblables roulant vraisemblablement pare choc contre pare choc à cette heurede pointe. L’improbabilité de la scène est renforcée par la présence oniriquede la jeune fille en ballon évoluant dans l’azur entre rocade et« down town ». Tout cela est impossible, mais le public ciblé estsuffisamment averti pour comprendre à quel point « c’est faitexprès ». Entendons par là ; assez de discours moralisateurs sur lesémissions de CO2 et de GES, nous avons aussi besoin de rêve pour avancer,le monde est assez difficile comme cela, la voiture est un moment de bonheur nécessaire. L’encart prend toute sa valeur auvu de l’article qui le jouxte : « 2007 a été la deuxièmeannée la plus chaude depuis un siècle » D’un côté l’avertissementrenouvelé des scientifiques, de l’autre le commerce, lacompétitivité, la croissance. D’un côté le dérèglement climatiquedu à l’émission de GES, de l’autre la consommation devéhicules plus polluants que nécessaires. D’un côté la rubrique« environnement & science » du « monde », de l’autre la croissanceexplosive du cocktail : individualisation/ différentiation des individus.
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